Outre l’indicible souffrance humaine, les attentats terroristes du 13 novembre 2015 à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles ont eu des répercussions économiques considérables. En septembre 2016, le tourisme enregistrait toujours 20% de nuitées en moins par rapport à l’année précédente. Dans le commerce, les ventes étaient toujours de 2 à 3% inférieures au niveau de l’an passé il y a quelques mois encore. La plupart des événements et activités de loisirs ont attiré nettement moins de visiteurs que d’habitude. Enfin, à Zaventem, si le nombre de passagers s’est rétabli assez rapidement, il était toujours inférieur à celui de 2015 en septembre. Il apparaît dès lors que l’impact négatif des attentats au sein des 4 secteurs les plus touchés (horeca, commerce, événementiel et transport aérien) se fait sentir/s’est fait sentir bien plus longtemps que ce que l’on pensait ou espérait au départ. Partant des statistiques et d’autres données disponibles à l’heure actuelle, nous estimons le préjudice économique subi par l’ensemble de l’économie belge entre le 15 novembre 2015 et le 15 novembre 2016 à 2,4 milliards EUR, soit 0,57% du PIB. Sans les attentats, l’économie belge aurait affiché une croissance de près de 2% en 2016, au lieu des 1,3 à 1,4% qui s’annoncent aujourd’hui. L’image conjoncturelle sous-jacente est donc loin d’être catastrophique, mais un certain nombre de secteurs traversent une mauvaise passe (temporaire) en raison de l’impact persistant des attentats. Le ralentissement de la croissance a aussi quelque peu freiné dans son élan la création d’emplois dans le secteur privé. Fin 2015, le rythme de croissance s’était accéléré pour atteindre +1% par an environ, mais depuis les attentats, l’on observe un statu quo du rythme de croissance. Selon des rapports économétriques fiables, quelque 9.000 emplois de moins auraient été créés en raison du ralentissement de la croissance dans le secteur privé, faisant suite aux attentats terroristes. Par ailleurs, 2.500 travailleurs de l’horeca, du transport aérien et du commerce ont dû être mis en chômage économique pendant plusieurs mois. Inévitablement, tout ceci a entraîné des répercussions sur les finances publiques. Outre une augmentation directe des dépenses pour la prise en charge médicale, l’indemnisation matérielle et morale, la remise en état des infrastructures et les mesures de sécurité supplémentaires (962 millions EUR, soit 0,23% du PIB), nous estimons que l’impact macroéconomique des attentats terroristes sur le budget des pouvoirs publics (hausse des dépenses liées au chômage économique, baisse des recettes fiscales et parafiscales) s’élève à 1,346 milliard EUR, soit 0,32% du PIB, pour la période allant de novembre 2015 à novembre 2016. Au total, le solde budgétaire aurait été supérieur de 0,55 point de pour cent du PIB en 2015 et 2016 si les attentats n’avaient pas eu lieu. En 2016, au lieu de se diriger vers un déficit de 2,9 à 3% du PIB, les autorités belges auraient pu limiter ce déficit à 2,5% du PIB.