Les nouveaux rapports industrie/services à l’ère du numérique
Interact
La traditionnelle vision segmentée de l’industrie et des services ne résiste plus à la réalité économique de ces dernières années. Le numérique inverse tous les paradigmes du système productif: l’usager devient à la fois producteur et consommateur et l’efficacité se centre autour de la qualité, de la sécurité du produit et des services qui lui sont liés. L’imbrication des objets manufacturés et équipements industriels et des services qui leurs sont associés fait que désormais c’est souvent une fonction ou une solution, y compris assurées dans le temps, qui sont vendues, plutôt qu’un seul objet manufacturé ou qu’un seul service. On observe un développement de la "tertiarisation" de l’industrie à travers la mise en place de services au coeur des processus industriels, avec la fabrication de produits et la conception de services qui leur sont liés, le client devenant prescripteur. En prenant en compte les conséquences de l’évolution des processus industriels, de la tertiarisation de l’industrie et du bouleversement des frontières industrie/services, il s’agit de voir comment la dynamique production-services, tout en conservant un lien solide avec le socle de production, peut être le vecteur d’un rebond industriel. L’imbrication de l’industrie et des services va-t-elle permettre de répondre au triple défi actuel: la gestion de la raréfaction des ressources naturelles, le défi climatique avec l’enjeu que représente une économie décarbonée et l’anticipation de nouveaux besoins, y compris industriels, générés par les aspirations sociétales? Comment ces services créateurs de valeur ajoutée peuvent-ils être les moteurs de la construction d’un nouveau modèle économique sur les bases d’un "produire et consommer autrement"? De quels services parlons-nous? Il s’agit des services externalisés, notamment par les grands groupes industriels et les grandes entreprises en matière de recherche, d’ingénierie, d’informatique, d’études de marché, de marketing, de design, de commercialisation et de services après-vente, etc.; des services qui contribuent à l’allongement de la durée du produit lui-même, conseils d’utilisation (hot line), réparation, modularité et évolution du produit (maintenance); des services qui créent de nouveaux débouchés industriels en s’appuyant sur les aspirations sociétales, l’économie d’usage, l’économie collaborative. Il n’est plus temps de s’interroger sur la pérennité de cette tendance à la tertiarisation de l’industrie, tant elle se confirme à l’intérieur et à l’extérieur des filières industrielles. En revanche, nous devons réfléchir à la manière dont la tertiarisation va participer, ou non, à un rebond de l’industrie. Laisse-t-elle entrevoir les pistes de nouveaux modèles économiques industriels et sociaux? La question est au coeur de cet avis. La problématique se développe sur quatre axes: 1) un tissu industriel déjà modifié par la tertiarisation; 2) comment ces services peuvent-ils être un atout pour la compétitivité globale des entreprises? 3) la révolution numérique; 4) l’impact sur le travail. Enfin, il faudra dégager quelques pistes sur ces nouveaux paradigmes du système productif qui devraient permettre de construire des réponses aux besoins sociaux et tracer les contours d’un nouveau modèle économique, social et sociétal.
Industry, High Quality Services, New Business Models, Start-Ups, Natural Resources, Climate Change, Digital Revution, Innovation, Competitiveness, Social Policy