En se basant sur les expériences de capitalisation du temps, il est possible de penser le concept de temps tout au long de la vie dans la réalité du marché du travail. La capitalisation du temps consiste à forger/accumuler une épargne permettant de disposer de temps au moment souhaité. Il s’agit de se doter d’un outil d’arbitrage entre le présent et l’avenir, d’accumuler du temps à un moment donné afin de pouvoir en jouir dans le futur. Le dispositif du CET a été instauré par la loi 94-640 relative à l’amélioration de la participation des salariés dans l’entreprise. Le texte prévoyait la création d’un compte épargne temps ayant pour objet de permettre aux salariés qui le souhaitent d’accumuler des droits à congé rémunéré en épargnant du temps ou de l’argent. Au fil des lois le champ des possibles s’est considérablement élargi, intégrant de nouveaux modes d’épargne comme les congés de récupération ou les heures supplémentaires, ainsi que des nouvelles possibilités d’utilisation comme la monétisation. Le dispositif du compte épargne temps n’est pas identique dans le secteur privé ou dans la fonction publique. Huit années après son introduction dans le privé, le dispositif d’épargne temps est instauré dans la fonction publique d’Etat et hospitalière. Il faudra attendre 2004 pour qu’il apparaisse dans la fonction publique territoriale. Le dispositif est moins vaste que pour le privé, mais il fonctionne sur le même principe et une place est également laissée à l’adaptation locale. Des questions majeures comme celles de la transformation du temps en argent sont ainsi laissées au soin des ministères ou des collectivités. La capitalisation du temps via le CET permet donc d’envisager de multiples aménagements du temps de travail. L’usage du CET est à l’initiative quasi exclusive du salarié mais il est également au centre d’enjeux majeurs pour l’entreprise et pour la société qui semblent parfois antagonistes.