Conséquences économiques et budgétaires d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne "Brexit"

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Quitter ou ne pas quitter l’Union européenne, telle est la question à laquelle les citoyens britanniques auront à répondre lors du référendum qui se tiendra le 23 juin prochain. Dès avant son adhésion en 1973, le Royaume-Uni a entretenu une relation ambiguë avec le projet d’une union des États européens. Une large partie des électeurs – 67,2% des suffrages – s’étaient exprimés, à l’occasion du référendum du 5 juin 1975, en faveur d’un maintien dans la CEE. Pour autant, loin de s’éteindre, le débat sur l’inscription du Royaume-Uni dans le projet européen a perduré jusqu’à aujourd’hui. Si l’intégration du Royaume-Uni au système institutionnel européen paraît acquise, une large part de la population britannique semble nourrir une relative défiance à l’égard de l’Union européenne. Ainsi, dans le sondage Eurobaromètre du printemps 2015, seuls 32% des personnes interrogées déclaraient avoir une image positive de l’UE. La distance entretenue par le Royaume-Uni à l’égard du projet européen trouverait notamment sa source dans des facteurs de nature géographique, historique et économique. L’intégration européenne serait perçue comme un "rappel du statut amoindri et déclinant de la Grande-Bretagne, plutôt que comme un levier de restauration de sa grandeur passée" – cette dernière étant davantage associée au Commonwealth. Il en ressort une conception de la construction européenne propre au Royaume-Uni. Alors que pour les continentaux, l’Europe constitue une "union sans cesse plus étroite" disposant d’une existence propre, qui transcende les États qui la composent, pour les Britanniques, "l’Union européenne est une organisation internationale dans laquelle le Royaume-Uni a pour seul objectif de défendre ses intérêts nationaux". Les Britanniques auraient une appréhension contractuelle de l'adhésion à l’Union, qui n’a de pertinence que si elle demeure pleinement bénéfique. Dans ces conditions, il n’est aucunement surprenant que ces derniers soient enclins à vouloir renégocier les termes de ce contrat. Telle était la démarche engagée par le gouvernement conduit par le Harold Wilson en 1975; celle entreprise par le Premier ministre David Cameron ne paraît guère différente. Seulement, le contexte a évolué et l’euroscepticisme s’est plus profondément ancré dans le paysage politique britannique. La perspective d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union est loin d’être théorique. Or, les incertitudes sont nombreuses quant à ce qui pourrait ressortir d’un éventuel "Brexit". Compte tenu de l’ampleur d’un tel évènement, la situation politique extérieure et intérieure du Royaume-Uni pourrait s’en trouver affectée, en particulier pour ce qui est de ses relations avec les pays membres du Commonwealth, susceptibles de voir l’appartenance à cette organisation comme un moyen d’accéder plus aisément au marché européen, voire avec certaines de ses nations constitutives, comme l’Écosse, aux velléités indépendantistes prononcées, ou l’Irlande du Nord, qui figure parmi les premières régions bénéficiaires des fonds européens. Par ailleurs, un "Brexit" aurait d’importantes conséquences économiques et budgétaires, et ce aussi bien pour le Royaume-Uni lui-même que pour les autres États européens. Ce sont spécifiquement ces conséquences que le présent rapport cherche à appréhender. De nombreux éléments tendent à indiquer qu’une sortie du Royaume-Uni aurait des incidences économiques négatives. Il convient de les anticiper et de déterminer la conduite à tenir afin d’atténuer les effets défavorables d’un "Brexit" d’un point de vue aussi bien économique que budgétaire. Il ne paraît pas illégitime que face à l’éventualité d’une séparation entre le Royaume-Uni et l’UE que les autres États membres s’interrogent sur la répartition des bénéfices nés de l’appartenance britannique à l’Union, notamment en termes d’activité économique. En tout état de cause, quand bien même les citoyens britanniques feraient le choix de demeurer au sein de l’Union européenne, les effets de l’organisation du référendum continueraient à se faire sentir au cours des années à venir. Au-delà du fait que les débats sur la place du pays dans l’Union devraient perdurer, l’initiative britannique a possiblement contribué au réveil de forces centrifuges qui pourraient venir menacer la cohésion européenne. Par conséquent, la tenue prochaine du référendum britannique et, plus généralement, les épreuves auxquelles l’Europe doit aujourd’hui faire face, nous invitent à nous rappeler les bienfaits de notre appartenance à l’Union européenne et à nous interroger sur les améliorations à apporter à cette dernière, de manière à maintenir vivant le projet européen.
Keywords: 
Brexit, Budget, European Added Value, Economy, Growth, Employment, Multiannual Financial Framework, Financial Issues, Forward Planning, Commonwealth, Internal Market, International Trade
Country of publication: 
France
File: 
Author: 
Publication date: 
Wednesday, June 1, 2016
Number of pages: 
74
Title Original Language: 
Conséquences économiques et budgétaires d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne "Brexit"
File Original Language: