Depuis la révolution industrielle, notre économie s'est développée dans un modèle dit "linéaire" qui consiste à extraire des ressources naturelles pour ensuite les transformer et produire des biens économiques qui seront jetés une fois leur consommation terminée. Les conditions de ce modèle, qui présuppose l'existence de ressources abondantes, facilement disponibles et éliminables à faibles coûts, sont de moins en moins réunies. En effet, la pression sur certaines ressources naturelles ne cesse de s'accroître de par une forte croissance démographique à l'échelle mondiale couplée à une forte croissance économique. Par opposition à cette forme d'économie, l'économie circulaire vise elle à conserver la valeur ajoutée dans les produits aussi longtemps que possible et d'éliminer les déchets. Elle est définie comme étant: "[…] un modèle industriel qui se veut par définition "réparateur" ou "régénérant". Il substitue le concept de fin de vie par celui de "réparation" ou de "compensation" […] en favorisant une conception plus élaborée des produits, des matériaux, des systèmes, et plus généralement innove en matière de "business models"." Ainsi, passer de l'économie linéaire à l'économie circulaire requiert une profonde mutation de notre société et des acteurs qui la composent. La transition vers l'économie circulaire ouvre les portes d'un nouveau modèle économique durable qui réconcilie prospérité et protection de l'environnement. Cette transition est une source d'opportunités pour notre société, que ce soit en termes de création de valeurs ajoutées et d'emplois, et permet en outre de réduire notre dépendance vis-à-vis de certaines matières premières nécessaires pour notre économie. Au sein l'économie circulaire, on distingue généralement quatre formes d'activités économiques également dénommées "boucles": la boucle de l'entretien et de la réparation, la boucle de la réutilisation, la boucle de la remise en état et la reproduction d'articles, et enfin la boucle du recyclage. Compte tenu de la complexité de chaque "boucle" et des mesures spécifiques à prendre en vue de soutenir le développement de chacune d'elle, les interlocuteurs sociaux regroupés dans la souscommission "Économie circulaire" du CCE ont fait le choix de se pencher en premier lieu sur la "boucle" du recyclage. Si cet avis se concentre sur le recyclage, les interlocuteurs sociaux rappellent que le développement de l'économie circulaire doit se faire via une réelle transition sociétale globale à travers le développement de l'ensemble des "boucles" qui la composent. En ce sens, ils continueront leurs concertations sur l'économie circulaire et les autres formes de "boucles" au sein du CCE.